le moulin de Bénéchou

Sous Cayssiols, à 2 km en descente d’Olemps, existe un moulin antique : celui de Bénéchou (beau séjour) ou Bénéjou (lieu bénit). Il a dû fermer ses portes le 1er août 1974, victime de la pollution de l’Aveyron et du projet d’installation de l’usine de décantation.


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Quelle belle page d’histoire évoque son nom !

Un vieux document nous apprend que, par acte du 10 mars 1550, « Dame Abbesse du Monastère St Sernin sous Rodez, autorise Jean Sabathier, maçon au village d’Olemps, à faire un barrage, une « pansièro » de moulin et un chemin charretier vers Cayssiols et Toizac, de 90 m de long environ » (ce qui fut modifié par la suite).

On circula longtemps sur de grandes « passes » d’Olemps à la Grange d’Is….. de Toizac…. de Cayssiols.

C’est ainsi que la famille Sabathier (qui habita Olemps, place du Couderc, à l’ancienne maison Decq, jusqu’en 1820) fournit, de génération en génération et pendant plus de 60 ans, farine et mouture aux gens et bêtes de la région.

La construction de la maison d’habitation a débuté en 1903 et s’est poursuivie jusqu’après la guerre.

Durant cette guerre, trois femmes (Mmes Sabathier Amandine, Sabathier Augustine et Sabathier Elisabeth), faisaient tourner le moulin, aidées par des soldats.

A la guerre de 1940, le moulin ne s’arrêta pas : c’est M. Sabathier qui travaillait nuit et jour afin de fournir la farine au village d’Olemps et à tous les alentours.

N’oublions pas non plus que Bénéchou était la plage des habitants d’Olemps.

Bénéchou garde encore, pour un temps, le charme poétique d’un site que François Fabié avait aimé lorsqu’il était étudiant à l’Ecole Normale de Rodez.

Ceux qui ont dû faire la « Promenade de Bénéchou », en rangs serrés, les tristes jeudis ou dimanches de pension d’autrefois, apprécieront ces quelques vers, extraits des souvenirs de François Fabié :

Bénéjou ! nom charmant ! lieu plus charmant encore !
Vallon sauvage et vert qu’un vieux moulin décore,
Un rustique moulin, sur l’Aveyron, assis,
Tantôt rempli de bruit et de farine blonde,
Tantôt dormant, bercé du murmure de l’onde
Qui s’épanche, de son écluse, au noir glacis !…
La rivière, en fuyant vers le couchant, en flammes,
Semblait dire au poète attardé sur ses bords :
Moi, je cours à la mer, et la flèche à la cible,
Et l’homme, au gouffre obscur dont rien ne peut sauver !
Ne te consume pas dans ta passion folle
Pour un lointain passé, que, chaque jour te vole :
Contente-toi, parfois, une heure, d’y rêver…..
Et puis, repars sans langueur et sans fièvre,
Sans regret du passé, sans peur de l’avenir…

extraits des souvenirs de François Fabié