Le Pont – le Droit de Pêche

Le Pont

Pour se rendre de Rodez à Toulouse, le voyageur devait, pour traverser l’Aveyron, emprunter un pont de bois à l’endroit qu’on appelle Pont Vieil. Une fois sur l’autre rive, par le chemin de Canteserp, on rejoignait le hameau de la Mouline au bas de la côte de la Brianne (la Brianne appelée de nos jours la Brienne), il la suivait sur 200 à 300 m puis tournait à gauche pour rejoindre Puech Camp et prenait ensuite la direction du plateau de Luc.

Au début du 14ème siècle, l’autorité communale du bourg de Rodez, (le comte d’Armagnac Bernard I) décida de faire construire, en aval de l’antique pont de bois, un nouveau pont en pierre. C’était un pont gothique, comme celui du Monastère ou de Layoule, à trois arches, à dos d’âne, (si « haut que d’un côté du pont, on ne voyait pas un homme à cheval de l’autre côté », racontaient les Anciens) En son centre, une croix sculptée qui est érigée actuellement sur la place d’Olemps. Pour ce nouveau pont, la direction des travaux fut confiée au Ruthénois Hugues Cabrespines. En 1345, l’argent manqua. Gilbert de Cantobre, évêque de Rodez (1339-48), pour remédier à ce manque de fonds, accorda des indulgences à tous les fidèles qui feraient des dons pour l’achèvement de l’ouvrage. Il faut croire que l’argument avait quelque valeur puisque le pont fut terminé et que les Consuls du Bourg firent placer sur la nouvelle construction les trois roues représentant les armes de leur communauté. En 1807 un orage d’une très grande violence emporta une partie du pont.

En 1868, on dénombrait une circulation de 642 colliers par jour qui s’accroissait les jours de marché et qui provoquait accidents et encombrements. Aussi, les diverses administrations de l’époque commencèrent à se préoccuper d’un éventuel élargissement de ce pont, tout en lui conservant son caractère architectural. En 1874, la décision est prise d’élargir mais les travaux ne purent être menés à bien car le côté aval touchait des maisons. Ainsi en 1875, la démolition totale de ce pont va débuter et sa reconstruction prendra plusieurs années, la réception définitive eut lieu le 20 mars 1879. La circulation devenant de plus en plus dense, ce pont a été encore agrandi en 1974. C’est celui sur lequel on circule aujourd’hui.

le Droit de Pêche

Au 17ème siècle, le droit de pêche appartenait aux Seigneurs de Castel-Gaillard qui étaient très exigeants sur leur privilège. Le dessous du pont de La Mouline était compris dans ce privilège qu’ils affirmaient généralement cinq ans et « cinq cueillettes consécutives ».
En 1621, notamment, le preneur s’obligea à verser annuellement 6 livres d’argent, et 25 livres de poisson pour « aider à passer les Avents et les Carêmes » et à ne pas utiliser le trémail pendant la dernière année du bail.